Empoigner (verbe)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Verbe |
XII e siècle, enpuignier, « causer une vive émotion ». Dérivé de poing. Prendre en serrant fortement dans la main. Empoigner son épée. Empoigner un outil, une raquette. Empoigner quelqu'un par le bras, par les cheveux, le saisir fermement, sans ménagement. Vieilli. Se saisir d'une personne pour l'arrêter ou l'expulser d'un lieu. Les gendarmes ont empoigné le maraudeur. Fig. Impressionner fortement. Cette scène a empoigné la salle. Pron. S'
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Verbe |
Prendre et serrer avec le poing. "Il l'empoigna par le bras. Il l'empoigna par les cheveux. Pour bien jouer à la paume, il faut bien
Il se dit populairement de l'Action de saisir quelqu'un pour l'arrêter ou l'expulser d'un endroit. "Il fut empoigné par les gendarmes."
Il signifie aussi, figurément et familièrement, Attaquer, quereller, injurier. "Empoigner quelqu'un. Ils se sont empoignés."
Il signifie aussi figurément Saisir fortement, émouvoir profondément. "Cette scène, cette situation vous empoigne."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Verbe |
1 Prendre et serrer avec le poing. Il l'empoigna par le bras.
RÉGNIER: « Qui pour une rondache empoigne un escabeau »
FÉN.: « Je me tins collé au bouc en empoignant avec les deux mains son épaisse toison »
J. J. ROUSS.: « Il empoigne un oiseau comme il
Saisir quelqu'un pour le mettre en arrestation ou l'expulser. Empoignez-moi cet homme-là.
P. L. COUR.: « [Un gendarme] ne gagne point de batailles, il empoigne les gens »
Fig. Dans un langage familier et d'artistes, intéresser vivement ou causer une forte émotion. Voilà un drame qui empoigne. C'est comme cela qu'on empoigne son lecteur.
2 S'empoigner, v. réfl. Se saisir avec les poings ; et populairement, se colleter ; et fig. entamer une vive discussion.
Être saisi avec les poings. Cela s'empoigne facilement.
HISTORIQUE
XIIème siècle
Ronc. p. 58: Là veïst-on tante lance enpogner
Th. le mart. 47: De tant cles [clefs] cum cil pout à dous [deux] mains enpuignier
XIIIème siècle
Ren. 1770: Et la mesenge a empoingnié Plein son poing de mousse et de foille
Ch. d'Ant. VI, 636: Crois fi [il fit le signe de croix] par desor lui, à Dieu se comanda, Puis a saisi l'eschiele, à deus mains l'empuigna
XIVème siècle
Liv. du bon Jehan, 728: Mais souventefoiz il avient, Qui trop empoigne pou retient
Modus, f° LVIII, verso: Tendre son arc et
XVème siècle
FROISS.: « Messire Henri de Flandre se tenoit tout devant, son glaive empoigné, et lançoit les horions grands et perilleux »
Recueil de farces, p. 339: Dit-on pas, en commun latin, Que les gens vestus de fins draps, Soit d'escarlate ou de satin, Empoingnent l'honneur à plain bras ?
ib. p. 379: Mais il faut que, sans nulle doutte [crainte], M'empoingnez ces deux malfaiteurs
XVIème siècle
MONT.: « Ne plus ne moins que qui voudroit
ÉTYMOLOGIE
En 1, et poigne ; Berry, empogner.
SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE EMPOIGNER. Ajoutez :
4 Empoigner quelqu'un, s'emparer de lui, ne pas le quitter.
LA BRUY.: « À peine un grand est-il débarqué, qu'il [Théophile] l'empoigne et s'en saisit »
REMARQUE
St-Simon a dit
ST-SIMON: « Besons voulait répondre ; mais, ne pouvant trouver sous la main rien, pour ainsi dire, susceptible d'être empoigné... »
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Verbe |
Prendre et serrer avec le poing. "Il l'empoigna par le bras. Il l'empoigna par les cheveux. Cela est trop gros, on ne saurait l'empoigner. Pour bien jouer à la paume, il faut bien
Il s'emploie populairement avec le pronom personnel, comme verbe réciproque. "Ils se sont empoignés, on a eu beaucoup de peine à les séparer."
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Verbe |
Prendre et serrer avec le poing. "Il l'empoigna par le bras. Il l'empoigna par les cheveux. Cela est trop gros, on ne sauroit l'empoigner. Pour bien jouer à la Paume, il faut bien
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
| Verbe |
Prendre & serrer avec le poing. "Il l'empoigna par le bras. Il l'empoigna par les cheveux. Cela est trop gros, on ne sauroit l'empoigner. Pour bien jouer à la paume, il faut bien
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Verbe |
["An-poag-né": mouillez le "g": dre "é" fer.] Prendre et serrer avec le poing. 'Il "l'empoigna par" le bras, "par" les cheveux.
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Verbe |
Prendre & serrer avec le poing. "Il l'empoigna par le bras. il l'empoigna par les cheveux, cela a trop de tour, je ne le sçaurois
Emplacement dans le dictionnaire :
| emploi employé employer employeur emplumer empocher empoignade | empoignant empoigne empois empoisonnement empoisonner empoisonneur | empoisser empoissonnement empoissonner emport emporté emporte-pièce emportement |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Léon CLADEL (Ompdrailles, le tombeau des lutteurs)...libres d'entrelacer leurs jambes comme bon leur semble. art vii. 1-en aucun cas, soit dans la lutte debout, soit dans la lutte à terre, il n'est permis de saisir l'adversaire aux jambes, ni de l'empoigner par sa ceinture ou par son caleçon. 2-un temps d'arrêt est accordé sur-le-champ pour voiler leur nudité aux lutteurs dont la ceinture s'est défaite ou dont le caleçon s'est déchiré. art viii. si...
Citation n°2 de Léon CLADEL (Ompdrailles, le tombeau des lutteurs)
...sans doute brossait ferme en ce moment, tron de dieu ! Chevronné-dru, lui, n'avait eu qu'un but : allonger le tapis et fatiguer assez le bâtard d'on ne sait qui pour que ce faux aigle refusât de s'empoigner avec le vrai, si, par cas, celui-ci, se présentant en lice, voulait, quoique courbaturé, batailler quand même et dépenser son dernier chyle en combattant. Hélas ! à quoi tant de combinaisons...
Citation n°3 de Jules MICHELET (L'Insecte)
...une excursion réussit mal et que les rousses reviennent sans enfants, les petites noires sont à la porte de la cité pour les empêcher de rentrer et les renvoyer au combat. Bien plus, on les voit empoigner ces lâches au collet, et les forcer de se remettre en route. Voilà des faits prodigieux, tels que les vit l'illustre observateur. Il n'en crut pas ses yeux, et il appela un des premiers naturalistes...
Citation n°4 de Eugène FROMENTIN (Un été dans le Sahara)
...sa bête qui, la bouche baveuse, essoufflée, les flancs saignants, attend, clouée sur place et comme un cheval de bois. Douce et vaillante bête, dès que l'homme a posé la main sur son cou pour empoigner ses crins, son oeil s'allume, et l'on voit courir un frisson dans ses jarrets. Une fois en selle et la bride haute, l'homme n'a pas besoin de lui faire sentir l'éperon. Elle secoue la tête un...
Citation n°5 de Jean-Baptiste LAMARCK (Philosophie zoologique)
...une race quelconque de quadrumanes, surtout la plus perfectionnée d'entre elles, perdoit, par la nécessité des circonstances, ou par quelqu'autre cause, l'habitude de grimper sur les arbres, et d'en empoigner les branches avec les pieds, comme avec les mains, pour s'y accrocher ; et si les individus de cette race, pendant une suite de générations, étoient forcés de ne se servir de leurs pieds que pour...
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